journal d’une enfant martyre

Bienvenue sur mon blog

Classé dans : Non classé — 25 août, 2008 @ 2:22

mon histoire

Classé dans : mon histoire — 19 août, 2008 @ 8:03

Tout a commencé pour moi le 3 octobre 1956. Ce jour là était mon premier jour : la naissance tant attendue par mon père, fier de son premier enfant, et la délivrance pour ma mère qui elle, enfin, allait avoir la bague promise si je naissait. Pourtant je ne suis pas née dans la souffrance pour ma mère qui m’a mise au monde par césarienne, et c’était l’essentiel pour elle. J’étais là mais elle ne me voyait pas, déjà je n’existais pas. De ce jour maudit à maintenant, elle ne m’a jamais vue. Je n’ai été que l’image de mon père, cet homme qu’elle haïssait. Pourquoi ? Le savait-elle ? De ma tendre enfance, de celle que l’on pense qu’elle va être douce, heureuse et pleine d’amour, je n’ai connu que les cris, les coups, les injures. Mes souvenirs commencent à remonter à l’âge de 36 mois, à la naissance de ma sœur Sylvie, née 18 mois après ma sœur Christine. Des premiers mois de ma vie, je ne sais que ce que ma tata Yvonne, qui a tenu une grande place dans ma vie, a pu me raconter. A 6 mois j’ai été très malade, j’ai failli mourir. J’avais pendant la naissance pris de l’anesthésie pour la césarienne et ça m’empoisonnait. C’est un bon docteur qui m’a sauvée. Aurait-il du ? S’il avait su… Je ne lui en veux pas. Je suis là pour témoigner, témoigner sur une mère, ma mère. Rien que ce mot me met en rage, ce nom qu’elle n’a jamais mérité. D’ailleurs, savait-elle ce que cela impliquait d’être mère ? Ce n’est pas tout de mettre un enfant au monde. Elle ne s’est jamais occupée de moi, c’est Papa qui me langeait, me faisait téter et qui me baladait la nuit dans ses bras pour éviter mes cris qui dérangeaient Madame ma mère. Un Papa poule avant l’heure, vu l’époque. Et si aujourd’hui je suis capable d’écrire tout ce que j’ai vécu, pour dire que ça a existé et que ça existe encore, c’est sûrement grâce à Papa, qui m’a apporté tant d’amour. Pour lui dire que je l’aime et qu’il est mon Papa. Pour la naissance de ma sœur Sylvie, je me souviens qu’elle est partie à la maternité, elle avait une robe de chambre violette avec son gros ventre. Elle disait que j’aurais peut-être un petit frère et qu’il fallait que je sois sage chez Tata Yvonne, ou que sinon ça barderait quand elle reviendrait. Elle est partie, et moi je suis allée chez ma Tantine, on est allé la voir à la maternité. Elle était là, dans une grande pièce où il y avait deux lits et deux berceaux. La dame à côté d’elle avait eu un petit garçon, et elle, elle avait eu une petite fille encore. Moi je ne voulais pas la voir, je voulais le petit garçon de la dame. On m’a mise dehors : je fatiguais son Altesse, la pauvre! Une semaine plus tard, elle est rentrée dans une maison vide. Mon père était parti. Pourquoi ? Je ne le savais pas. Il n’était pas là et j’avais mal. Elle m’a raconté qu’elle était revenue en taxi avec le bébé dans sa valise. Elle pleurait, assise sur une chaise dans la cuisine. Moi, j’étais sur le coffre à bois et je regardais par la fenêtre. Oh! Ma chérie, me voilà seule avec trois petites filles, l’autre salaud est parti, ma petite, dis-moi quelque chose de gentil. Pour toute réponse je me suis mise à rire. Papa un salaud ? Non ! Il a bien fait. Mais pourquoi ne m’a-t-il pas emmenée avec lui ? Et paf ! Une baffe, la première dont je peut me rappeler ; les autres vont suivre. Je sais que je n’en ai pas oublié une seule, ces baffes que j’ai gardées dans un coin de ma mémoire, pour qu’un jour je puisse dire au monde que je n’ai rien oublié. Je les écris aujourd’hui pour toi, mon cahier, pour que tu lui dises que je suis guérie d’elle, qu’elle ne pourra plus jamais me faire de mal. Mais j’espère qu’avec toi mon cher cahier, je pourrais lui rendre tout le mal qu’elle m’a fait. Et puis ma sœur a grandi. C’était un beau bébé blond. Fait curieux, elle avait l’air de l’aimer : Mon bébé par-ci, mon bébé par-là. Peut-être a-t-elle été vraiment une mère pour ma sœur ou a-t-elle encore joué un rôle. Mes deux sœurs étaient moins battues que moi, et elles étaient nourries. Moi j’avais un quart d’orange par jour, quand j’avais il faut dire qu’elles réclamaient moins leur père que moi. Pour moi, Papa c’était tout : c’était ma mère, mon frère, mon ami. Il savait toujours dire les mots qu’il fallait quand il le fallait. J’aimais par-dessus tout nos moments de câlins. Je montais sur ses genoux, je posais ma tête sur son épaule, sa main sur ma joue, et je lui racontais mes joies, mes peines, mes angoisses. Je pleurais et je m’endormais rassurée et tranquille. Les seuls vrais bonheurs de mon enfance auront été ces instants d’amour d’un père présent et aimant. J’étais alors une enfant comme une autre, et ça, c’était mes bonheurs à moi, si rares mais si précieux. Ma mère savait tout cela et elle m’a fait payer très cher cet amour pour mon père et son amour pour moi. Quand elle tapait, elle disait toujours Oh! si ton salaud de père te passait plus de baffes tu n’aurais pas la tête aussi dure. Ma tête n’était pas dure, mais mon cœur était sec d’amour pour elle. Quand j’étais avec elle, je n’existais pas, je n’étais rien, je ne parlais pas, même quand elle frappait je n’ai jamais eu ni une larme ni un cri. J’ai toujours encaissé sans broncher. Ceci l’énervait et je pense que c’ est pour cela qu’elle tapait plus fort et plus longtemps. Dans ces moments là, je pensais très fort à Papa ou à ma Tata Yvonne, tellement fort que je n’étais plus là et que je ne sentais rien, ne voyais rien, n’entendais rien. J’étais près de ceux qui m’aimaient et que j’aimais, et c’est grâce à leur amour que j’ai pu puiser en moi la force de vivre, de vivre pour un dimanche sur deux avec Papa, et l’autre dimanche avec Tata Yvonne. Les dimanches sont encore très importants pour moi. C’est le jour de l’amour même si la semaine est longue et cruelle. Malgré tout cela, il y avait dans ma vie une autre personne que Papa, et Tata qui a compté énormément dans ma pauvre vie de petite fille brisée. Elle aussi a su me donner la force de croire. C’était la femme du docteur qui m’avait sauvé, une femme merveilleuse, douce, chaleureuse. Pour moi c’était un ange. Elle me faisait le catéchisme. Elle était très croyante. Grâce à sa foi j’ai cru en Dieu, que je priais quand ça allait mal. Mais je sais aujourd’hui que c’est surtout en elle que je croyais, car si Dieu avait existé, aurait-il admis tout cela ? De cette femme je me souviens, en plus de sa tendresse et de l’amour que je lui portais, je me souviens de sa maison si chaude et si belle, de cette grande cuisine aux odeurs de chocolat chaud et de confiture de fraise, des ballades dans le parc, des paons, du chevreuil, des petits lapins. S’il existait son Dieu, pourquoi n’a-t-elle été pour moi qu’un guide et pas ma maman, celle que j’aurais du avoir ? J’ai beaucoup mangé chez les voisins, car à la maison il n’y avait jamais rien, sauf les jours où les amants de Madame ma mère venait manger. Ces jours là c’était festin et abondance de câlins ; il fallait qu’elle se montre sous son meilleur jour. Et des amants, elle en a eu. Il y avait celui qui devait m’apprendre à jouer de l’accordéon; il vendait de l’électroménager. Il me disait toujours du mal de Papa, que c’était un pauvre type, que je ne devrais pas l’aimer. Ah! si j’avais eu 15 ans mon petit mec, je t’aurais bien fait avaler ton accordéon, car tu étais bien marié, et ça ne te faisait rien de faire ta femme cocue et de critiquer les autres. Il y en avait un que j’aimais bien. Il s’appelait Bonalem. Il était algérien. Il avait été marié à une folle. Il avait 7 ou 8 gosses. Il avait amené sa fille Myriam, une fille adorable, c’était l’aînée. Lui il était super, il nous couvrait de cadeaux. Mon premier vélo c’était lui, et il ne disait jamais du mal de Papa. Il discutait beaucoup avec moi, surtout après que je me sois confié à sa fille. Et un soir je lui ai montré mes cicatrices et mon pauvre corps meurtri par cette bête humaine qu’était cette femme qu’il aimait. Le soir même ils se sont disputés et on ne l’a plus revu. Dommage car quand il était là, il y avait à manger et pas de coups. Des hommes, il y en a eu beaucoup d’autres, certains dont je n’ai vu que les pieds par le trou de la serrure et dont je n’ai jamais connu le visage. Mais celui que m’avait le plus révolté, c’était le père d’Alain, le frère de la Marcelle ma voisine. Il faut dire qu’Alain c’était mon amoureux de la maternelle à la fin de la primaire, et sa mère était un amour. Chaque fois qu’il venait, il y avait de l’omelette, et à chaque fois tout était cramé – on ne peut pas tout faire à la fois. Et un jour non seulement tout avait cramé, mais en plus cette pauvre femme suppliait son mari de revenir alors que nos deux tourtereaux s’enlaçaient la fenêtre grande ouverte, pour que cette pauvre femme puisse admirer le spectacle. Là, j’ai craqué, j’ai pris la poêle et je l’ai carrément assommé, Il saignait. Il est parti et jamais revenu. J’ai pris une belle rouste à coup de pique-feu, mais j’en avais rien à faire. La rébellion avait commencé et plus rien ne pourrait m’arrêter. Alain et sa mère étaient vengés, ça valait bien une rouste! Alain faisait partie des enfants de ma rue et il y en avait pas mal des enfants, car au bout de la rue il y avait la gendarmerie, avec tous les enfants de gendarmes. Il y avait Daniel, Patrick, les jumelles et tous connaissaient nos conditions de vie et essayaient de l’adoucir. Grâce à tous ces amis, j’ai appris quand le monstre n’était pas là, à vivre la vie d’une petite fille insouciante pour quelques heures. Enfant heureuse parmi d’autres enfants, des rires, des joies que l’on vivait pour peu de temps, mais pour ce temps là vivre, voler du temps pour se sentir libre. Toute cette amitié avait forgé en moi un sentiment de puissance par rapport à elle, mais aussi un sentiment de haine terrible qui m’étouffait. J’aurais voulu la tuer pour le mal qu’elle avait fait à Papa, pour le mal qu’elle générait autour d’elle, pour le mal qu’elle m’avait fait dans ma chair et dans mon cœur et qui est toujours aussi présent aujourd’hui. Haïr sa mère au point de vouloir vider son sang car le sien coule en moi et que je ne veux rien d’elle, la haïr tellement fort d’être encore vivante alors qu’elle a tué mon enfance. Cette haine déclenchait en moi une révolte que parfois je ne pouvais plus contrôler, et je faisais tout alors pour la mettre à bout de nerfs. Et elle tapait. C’était le seul moment où j’existais réellement pour elle. Je sais au fond de moi que chaque fois, qu’elle me frappait, c’était parce que je la cherchais, c’était une façon de dire, je suis là, j’existes, je vis, je suis ta fille, ton enfant. Je voulais qu’elle me voit, q’elle me touche, q’elle m’embrasse, mais elle ne savait que taper et dire que je pensais qu’un jour elle se rendrait compte, q’elle me prendrait dans ces bras et me demanderait pardon. Non c’était un monstre sadique, MA MERE, ma génitrice, rien d’autres. Ma génitrice, il n’y a pas de quoi en être fière. Un samedi, les coups avaient été tellement violents, que le dimanche chez Tata Vonne a été horrible. Je ne pouvais pas bouger. Est mon oncle qui a compris. Il m’a déshabillée et il a vu mon pauvre dos tout bleu. Il est parti comme un fou et il est rentré une heure plus tard tout aussi en colère. Il m’a ramenée le soir, mais avant, il a fallu montrer mon dos aux gendarmes. Quelle honte ! Elle, elle était toute penaude et de plus elle avait un bel œil au beurre noir. J’ai pensé bravo Tonton, tu as fait le plus facile, maintenant à moi la suite. Elle jurait ses grands Dieux qu’elle ne recommencerait pas, elle me prenait dans ses bras, m’appelait son bébé et elle pleurait, mal, mais elle pleurait… Tonton est reparti me croyant en sécurité. Il n’avait pas démarré sa vieille Ondine que la raclée recommençait. Salpe ! Tu as osé te plaindre à ton oncle, sale rapporteuse, tu vas payer… J’ai payé, mais je m’en foutais royalement. Elle aussi elle avait eu sa raclée, et ça, ça me faisait oublier mes bleus et les coups. Tonton et Tata sont décédés aujourd’hui, mais ils n’ont jamais rien su de tout ceci. Je ne suis pas une rapporteuse. Ma haine envers cette femme avait commencé avec les coups et les injures, mais elle s’était agrandie par d’autres faits plus abjects les uns que les autres. De ces choses qui font que l’on ne peut oublier, et que l’on ne doit pas oublier que ça existe toujours, que d’autres enfants vivent la même chose, des enfants au regard vide et froid qui ne diront rien par devoir ou par désespoir, par peur de ne pas être cru. Si je dis par devoir c’est que pour moi c’était un devoir de ne rien dire, c’était mon calvaire ma croix que je devais porter seule car je pensais que personne ne pourrait comprendre et croire que cette femme qui présentait si bien pouvait faire du mal à sa fille aînée. Je croyais que si je parlais ce serait moi que l’on jugerait. C’était moi contre elle et j’étais si petite. Quel intérêt peuvent avoir les sentiments d’une petite fille? C’était dans ma tête et je crois que malheureusement c’est dans la tête de beaucoup d’enfants. On a toujours peur que les adultes ne comprennent pas, ne veulent pas comprendre ou ne pas savoir. L’indifférence tue parfois, si je n’avais pas eu cette haine, j’aurais sûrement pu me laisser aller à mourir sous les coups ou même à en finir pour de bon pour ne plus avoir à subir ces même coups. Mais je voulais tellement vivre pour lui dire ma haine, et jusqu’à 12 ans vivre pour la tuer elle-même. Parfois je le disais à Papa qui me répondait : Ne dis pas ça chérie, il ne faut pas et il m’avait fait croire que comme je n’étais pas majeure c’était lui qui irait en prison et ça je ne l’aurais pas voulu pour un empire, pas mon Papa. Pour le protéger de la prison j’attendrai ma majorité et je la tuerai. Bonne astuce Papa, mais si tu savais comme le temps est long quand on a 12 ans. Heureusement la haine tient chaud. Tu te rappelles Papa le jour ou elle t’avait cassé le service sur la tête, tu étais blessé, tu saignais partout et tu disais ce n’est rien ma puce. Je t’ai soigné dans notre chambre sur le lit de Christine, tu souffrais toi aussi avec le sourire pour ne pas me le faire voir, mais c’est mon cœur qui saignait, j’avais si mal pour toi. Même à toi elle s’en prenait physiquement, Dieu que je la hais, j’aurais tout donné pour être à ta place, moi je comprenais, mais pas après toi, non pas ça. Je ne l’ai jamais revu, heureusement car je crois que ma promesse de majorité n’aurait pas pu m’empêcher de la tuer à ce moment là rien n’aurait pu m’arrêter pas même toi. La violence que j’avais en moi aurait éclaté comme une bulle et rien n’aurait pu la protéger contre ma haine, et cette violence que m’habitait et qui s’est accrue ce jour-là. Toi, tu m’as tout appris Papa, la tendresse, l’amour, le respect, tu m’a donné la vie, c’est à toi que je la dois, c’est toi qui m’a voulue, qui m’a espérée, c’est pour toi que je suis née. Si l’on avait pu être que tous les deux, si elle avait pu mourir quand je suis née, on aurait pu être heureux ensemble, tout ce que l’on aurait pu vivre cela aurait été merveilleux. Tout ce que l’on a du vivre en cachette, tout ce bonheur que l’on a du lui cacher, ces promenades ensemble main dans la main, rappelle toi Papa, je ne te la lâchais jamais la main, c’était si bon ma petite main dans la tienne, c’était si sécurisant, on était ensemble plus rien n’existait, il n’y avait plus personne, juste toi et moi, le plus gentil Papili de la terre comme je t’appelais, même maintenant quand je t’appelle papili tu ris encore et quand je te dis n’oublie pas que je t’aime on est

12345
 

baqarr |
je, tu, il... |
L'autre moi |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | The adventures of a French ...
| Deux furets en pension comp...
| baboun34