journal d’une enfant martyre

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Classé dans : mon histoire — 19 août, 2008 @ 8:00

pour No‘l sa carte était mouillée de larmes et son écriture tremblante comme un appel au secours, auquel je n’ai répondu que par un « joyeux Noël et bonne année », des mots simples et sans vraiment de sentiments. Pour une fois dans ma vie il faut que je puisse tendre la main avant qu’il ne soit trop tard et que je ne passe plus le reste de ma vie à me culpabiliser pour rien. Et puis tata Marie-Louise est âgée, il faut que l’on parle avant qu’il ne soit trop tard. Il faut qu’elle réponde franchement à toutes les questions que je me pose et auxquelles personne n’a voulu répondre. Elle est la seule vivante de ce sang qui coule dans mes veines et que je hais, il faut qu’elle me dise le secret de cette haine. Elle, elle doit savoir, il faut qu’elle me dise pourquoi. Pourquoi on m’a caché la maladie de tata Vonne, ce qu’elle avait, si elle a souffert, vingt ans que chaque jour je me pose des tonnes de questions et que personne ne peut répondre. Maintenant je veux savoir, j’en ai trop besoin. On m’a toujours dis de ne pas poser de questions, de ne pas chercher à savoir parce que j’étais trop petite, trop jeune, ou que ça n’était pas le bon moment, tous ont trouvé mille excuses, alors je n’ai plus posé de questions, il fallait se taire, ne rien dire, je me suis tu. Aujourd’hui je ne peux plus me taire, il faut que je dise ce que j’ai vécu en bien comme en mal, et je veux que l’on réponde à mes questions, pour pouvoir tourner la page à jamais. Il faut que je sache et que j’affronte la vérité quelle qu’elle soit, et je ne suis plus une enfant, plus trop jeune, et que l’on ne me dise pas que ce n’est pas le moment. C’est vrai mon cher cahier que depuis que je peux t’expliquer toutes mes angoisses, mes cauchemars ont disparu, mais je rêve toujours de ma petite mère et de tonton, qui dans mon rêve me tourne le dos et tata me sourit. Je ressens une grande douceur mais en même temps une tension. Je veux un rêve de douceur avec tonton et tata qui me sourient et qui me parlent comme avant, je ne veux ressentir que la chaleur de ces deux êtres qui me manquent et à qui je dois tant. Tu sais mon cher cahier, depuis que je t’ai, j’arrive à voir plus clair dans ma vie. Devoir me taire pendant si longtemps a été un calvaire. Mes peines, mes douleurs, ma haine, mes joies, il fallait que je garde tout cela en moi comme une plaie non désinfectée et qui ne guérit pas. Grâce à toi aujourd’hui j’ai le sentiment de cicatriser cette plaie. Je me rends compte que j’ai vécu en m’appuyant sur l’amour d’un tiers pour vivre, d’abord Papili, puis ma petite mère, puis mon mari. Bien sér grâce à leur amour j’ai vécu des joies immenses, mais je n’ai jamais su vivre pour moi, et aujourd’hui en relisant une lettre de ma petite mère, je m’aperçois que c’est ce qu’elle voulait que je fasse. Cette lettre du 28 avril 1972 où elle me dit : « travaille bien et prouve leur que tu peux réussir, fais les mentir ma petite, c’est ce que nous souhaitons de tout notre cœur; pour Christine ce n’est pas amusant mais c’est moins grave que pour toi, Sylvie redouble alors ça n’a aucune importance, fais pour le mieux, fais-le pour toi et sois raisonnable. Grosses bises de tonton, tata et Claude. » C’était l’année de mon brevet. Je ne l’ai pas eu. Nous étions seules toutes les trois avec Papa et il fallait que je veille sur mes sœurs, sur leurs études, et tout le travail de la maison. Papa n’était pas souvent là, il était chauffeur. Elle avait raison, j’aurais dé m’occuper de mes études et pas de celles de mes sœurs. C’est drôle, j’avais quinze ans, et l’épicier du village me disait toujours « Bonjour Madame, vous avez des petites filles adorables » ça me faisait rire, petite femme de quinze ans croulant sous des responsabilités qu’elle n’aurait pas dé avoir, trop jeune pour assumer et beaucoup trop vieillie par la vie pour avoir du temps à elle. Je n’ai à blâmer personne, sauf moi et elle. J’ai voulu toujours montrer ma force et ma détermination à aimer ceux qu’elle haïssait et à faire ce qu’elle n’a pas fait, donner de l’amour. Ma tata, ma petite mère, l’avait compris et elle a essayé de me mettre en garde. Elle savait que mes sœurs n’avaient pas connu le même calvaire. Je les ai protégées d’elle en recevant les coups à leur place, je leur ai donné de l’amour et de la tendresse, elles ont eu une vie plus saine que la mienne. Je ne regrette rien et si c’était à refaire, je recommencerai de la même façon ce que j’ai fait, à un petit détail près, dès les premiers coups je serais partie et j’aurais tout dit. La vie peut parfois être dure envers les faibles et injuste, mais les leçons de la vie sont toujours à retenir et à méditer, et puis comme dit Papili, c’est pas avec des si que tu vas refaire le monde. Non, mais je l’analyse et c’est pas gai du tout. Et c’est vrai, je n’ai jamais vécu pour moi et c’est pour cela qu’après mon divorce je n’ai plus su réagir. Je n’avais plus ma petite mère, Papili n’était plus dans le même monde que moi. J’étais seule et sans défense comme devant elle à remâcher les mêmes moments qu’elle m’avait fait vivre. J’ai vécu de déprime en déprime, et jusqu’à la tentative de suicide. J’avais le mal de vivre, sans forces et sans but, plus rien, n’ayant jamais pensé à moi en tant que personne, être humain à part entière, n’ayant vécu que pour et par les autres, je me suis lentement laissée couler comme un navire vide sur la mer et sans capitaine à bord. Dix ans de dérive, de Lexomil en Xanax et autres cocktails détonnants, aucune envie de réagir, plus la force de vivre. j’avais besoin de vivre pour quelqu’un, exister pour les autres et par les autres, c’est tout ce que je savais faire. C’était dur mais fort, c’était ma drogue et le sevrage a été trop brutal, j’ai sombré dans mes angoisses et mes cauchemars qui me revenaient en pleine figure, m’empêchant d’avancer et de faire face à la vie, ma vie. J’aurais très bien pu tomber plus bas, l’alcool, la drogue ou que sais-je encore ? Mais je sais trop ce que ces choses là donnent. Non, moi c’était le refus de voir plus loin, par delà les barrières qu’elle avait fixé dans ma tête et qui m’empêchaient de vivre. Quand j’ai voulu en finir je ne supportais plus la souffrance que j’endurais sans cesse en revivant chaque nuit ce que j’avais vécu à cause d’elle. j’avais peur de dormir, parfois je ne supportais même pas l’idée de rester à la maison, et je me promenais la nuit avec mes chiens, je fuyais la maison comme quand j’étais enfant la nuit. J’ai voulu arrêter cette souffrance, j’ai été sauvée in extremis grâce à mes animaux. J’en ris maintenant. Aujourd’hui ça fait juste un an et ça me fait marrer, je me souviens quand je suis sortie du coma, il y avait un psy, ça m’énerve ces gens là, je sais tout, je vous écoute. Il écoute rien du tout. Il m’a dit ça va, je lui ai répondu très bien, j’ai bien dormi, je me suis loupée, tant pis, maintenant je rentre chez moi mon chien m’attend, il est le plus important, appelez moi un taxi. Il avait l’air d’une andouille, le pauvre. Il était seize heures, à vingt-deux heures j’étais chez moi bien décidée à me reprendre en main. Depuis j’ai tout entendu « c’était un appel au secours », non, j’avais mal et je voulais que ça s’arrête et aucun psy de la terre n’y pouvait rien. Pourquoi n’était-il pas là plus tôt ? C’était quand le juge m’a délivrée qu’ils auraient du être là ces beaux « messieurs je sais tout », mais là personne, et ce fichu silence, chut, il ne faut rien dire. Il n’y a que toi mon cher cahier qui a su m’écouter, tu m’as laissée dire ma souffrance, ma haine, ma peur, mes angoisses et mes joies et c’est aujourd’hui grâce à toi que j’ai envie de me battre pour moi, me refaire une vie à moi. Il fallait que je dise tout cela pour pouvoir tourner définitivement la page et voir plus loin, je sais maintenant que le bout du tunnel est tout près, il n’y a plus qu’un pas à faire, et je le ferai seule, pour moi seule. Aujourd’hui je sais ce que je veux faire de mon avenir. Je veux d’abord faire savoir au monde ce que j’ai vécu pour que l’on n’oublie pas qu’un enfant c’est fragile et qu’on peut le tuer de plusieurs façons, et que parfois la mort lui serait plus douce que la souffrance du silence qu’il doit porter toute sa vie. Aucun enfant sur terre ne devrait connaître la souffrance. Un enfant c’est l’innocence et la pureté. Avoir un enfant ce n’est pas un jeu, donner de l’amour c’est un devoir. Respecter les enfants et tous les êtres vivants, c’est avoir le respect de soi, et si par mon témoignage je peux redonner l’espoir à un seul enfant où qu’il soit, je serais heureuse pour lui et non pour moi. Dans ce monde où le respect et l’amour sont bannis et salis, que chaque être puisse prendre conscience que le mal n’engendre que le mal, et que le bonheur ce n’est pas le pouvoir ni le fric, mais des yeux qui brillent de ce soleil qui n’éclaire pas les yeux de ceux qui souffrent comme moi, à cause d’une femme qui n’a le nom de mère que par un acte de naissance, un simple papier qui ne compte pas l’amour qu’elle devrait apporter, la douceur et la chaleur, et ce mot, maman, qui me hante et que je n’ai pu prononcer que sur une tombe à une maman de chair et de sang qui n’avait aucun papier légal d’amour. Maintenant je peux te laisser, mon cher cahier, on a vécu pendant près d’un an mon histoire. A nous deux on a pu se comprendre, et j’ai pu apprendre à me comprendre, et à savoir qui je suis et ce que je veux. Je suis une femme de presque quarante ans, j’ai envie de vivre et d’être heureuse, je me sens femme, bien dans ma peau. J’ai laissé pousser mes cheveux de bohémienne et j’en suis fière, tout le monde me dit qu’ils sont beaux. Je me sens belle et pas comme un vilain petit canard boiteux. J’ai envie de vivre, de rire, et je suis heureuse de pouvoir de nouveau aller vers les autres, et tous les matins chaque personne que je croise, je lui lance un grand bonjour et un grand sourire. Je ne rase plus les murs, j’ai réappris à vivre sans l’aide de Papili, sans l’aide de ma petite mère, par moi et pour moi, je me sens forte. Je n’ai plus peur, plus froid, plus mal, je pense à hier en pensant à mes joies, j’oublie mes peines, je pense surtout à demain et j’ai tellement envie de rattraper le temps perdu, une nouvelle soif de vivre, autrement, autre chose, avec dans mes bagages plein d’amour à donner et l’espoir d’en recevoir. Je prendrais sûrement des gifles, mais c’est la tête haute que je continuerais et je sais qu’un jour je trouverais le bonheur. Quand à elle, je n’ai même plus de haine, elle n’existe pas, et si demain en allant voir Papa à Felletin je la croise, je lui dirais sûrement « Bonjour Madame » avec un grand sourire à une inconnue parmi les inconnus. Un sourire ne coûte rien et ça peut faire du bien. Que ça lui fasse ce que ça veut, je m’en fiche, ma vraie maman à moi est décédée il y a longtemps, elle dort dans une petite ville du Limousin du sommeil du juste, et s’il existe un paradis, elle doit avoir la plus belle place. Dors bien petite mère et continue de veiller sur moi avec tonton Gus, je vous aime et maintenant tu seras fière de ta fille qui t’a tant aimée.

mon histoire

Classé dans : mon histoire — 18 août, 2008 @ 10:42

ceci est mon histoire,vécue dans la douleur et dans la souffrance

je la pose ici ,pour poser ma peine ,pour toujours

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